Histoire d’attendre : Marguerite Duras
Entre silence et passion
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Les récits de Marguerite Duras sont de ceux qui restent. Les phrases sont courtes. Tantôt dures. Tantôt à peine murmurées. Mais toujours d’une grande justesse.
Elle naît en 1914, dans ce qui est alors l’Indochine française. Une jeunesse à mille lieues de Bruxelles, entre chaleur étouffante, tensions coloniales et pauvreté.
Autant de souvenirs dans lesquels elle puise des années plus tard pour écrire L’amant, son roman le plus célèbre. Il raconte l’histoire d’une jeune fille et d’un amour interdit aux portes de Saigon. Un récit brûlant qui touchera des millions de lecteurs à travers le monde.
Duras n’écrit pas pour raconter de belles histoires. Elle écrit pour saisir ce qui échappe : les souvenirs, le désir, l’absence. Son œuvre oscille sans cesse entre réalité et fiction. Ce qui a été vécu et ce qui a été inventé se confondent souvent. C’est là que réside toute sa force.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle s’engage aussi dans la Résistance française. Plus tard, elle écrira sur l’attente, la peur et le silence laissés par la guerre. Pour elle, écrire est une façon de retenir ce qui risque de disparaître.
Aujourd’hui, une place de Bruxelles porte son nom, tout comme un arrêt STIB. Une halte inattendue pour une femme qui a passé sa vie à voyager entre les mondes, les langues et les souvenirs.
Et au fond, cela ressemble assez bien à Marguerite Duras.