Histoire d’attendre : Andrée De Jongh

Une passeuse de liberté

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Schaerbeek, 1916. La ville voit la naissance d’Andrée De Jongh, une femme qui ne cessera jamais de tracer sa propre voie. On la surnomme « Dédée » ou « Petit cyclone » : un clin d’œil à sa détermination hors norme. 

En 1940, elle n’a que 23 ans quand la Belgique tombe sous l’occupation allemande. Elle décide d’agir. Épaulée par les résistants Arnold Deppé et Henri Debliqui, elle crée la ligne Comète : un réseau d’évasion pour aider les aviateurs alliés à fuir. 

Le trajet est long, dangereux. De Bruxelles à l’Espagne, à travers la France occupée. Il faut trouver des refuges, des faux papiers, des relais sûrs. Mais aussi soigner, nourrir, rassurer. Andrée De Jongh organise tout. Et surtout, elle accompagne les aviateurs en fuite, encore et encore. 

Grâce à elle, 118 aviateurs atteignent la liberté. Et des centaines d’autres empruntent la route qu’elle a tracée. 

Dénoncée, elle finit par être arrêtée en 1943. Si jeune, une femme... La Gestapo ne la croit pas à l’origine d’un réseau de telle ampleur. Elle échappe à l’exécution. Elle est emprisonnée, puis déportée en Allemagne. Malgré les conditions extrêmes, elle survit. 

Après la guerre, sa détermination ne faiblit pas. Elle part soigner des malades de la lèpre en Afrique. Toujours avec une même vocation : aider, coûte que coûte. Anoblie par le roi Baudouin en 1985, elle mourra le 13 octobre 2007. 

Aujourd’hui, à Laeken, une rue lui rend honneur, tout comme un arrêt de bus. Son nom est là pour rappeler une éclaireuse qui, en pleine nuit, a tracé un chemin vers la liberté.

 

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