Histoire d’attendre : Merode
La princesse au prénom oublié
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Née en 1874, la princesse Marie-Louise de Beauffremont-Courtenay, prend le nom de Jean de Merode à 23 ans, après son mariage. Si son propre prénom s’efface derrière les usages, c’est pourtant bien elle que Bruxelles a choisi d’honorer.
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Marie-Louise dirige la Croix-Rouge belge. Dès les premiers jours du conflit, elle accueille les blessés dans les hôpitaux bruxellois. Très vite, elle comprend que les soins ne suffiront pas. Derrière les blessures visibles se cachent des vies brisées.
Alors elle agit. Dans son hôtel particulier de la rue aux Laines, elle organise les secours. À Woluwe, elle crée une école où les mutilés de guerre apprennent un métier, de l’horlogerie à la mécanique, en passant par le jardinage ou la cordonnerie.
Après la guerre, son œuvre prend une ampleur nationale. Et lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, elle reprend le combat avec la même détermination.
Pendant plus de quarante ans, elle se consacrera aux anciens combattants et à leurs proches. Soutenant les familles, obtenant du gouvernement une pension d’invalidité. Son engagement est tel que ceux qu’elle aide lui donnent un surnom : « la maman des invalides ».
En 1956, un an après sa disparition, Bruxelles donne son nom au square Princesse Jean de Merode, le long de l’avenue de Tervueren. Plus tard, la station qui le borde hérite à son tour de ce nom.
La prochaine fois que vous y passerez, souvenez-vous de Marie-Louise. Une battante dont le prénom s’est perdu dans l’histoire, mais dont l’engagement a changé la vie de milliers de personnes.