Histoire d’attendre : Karreveld
Le berceau du cinéma belge
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Molenbeek-Saint-Jean, 1912. Le parc du Karreveld ne voit pas seulement passer les promeneurs. On y croise caméras, décors, artistes… et même quelques animaux exotiques.
À cette époque, le domaine accueille le premier studio de cinéma belge. La société Pathé confie au cinéaste Alfred Machin la mission d’y tourner des films.
Il y installe un studio vitré, des ateliers, des locaux pour les artistes et même un petit jardin zoologique. Ours, panthères, chameaux… Au Karreveld, tout est prêt pour faire entrer la Belgique dans l’histoire du cinéma.
Plusieurs films y sont tournés, dont les deux premiers longs métrages belges conservés : La Fille de Delft et Maudite soit la guerre. Un titre qui résonne étrangement, à l’aube de la Première Guerre mondiale.
Mais l’histoire du Karreveld remonte à bien plus loin.
Construit entre les 16 et 17e siècles, ce château-ferme a longtemps été entouré de terres, de prairies et d’étangs. Au début du 20e siècle, le domaine devient aussi un lieu de loisirs, avec un vélodrome, une laiterie et une auberge.
Puis l’urbanisation grignote le site. Le domaine passe de 16 à 3 hectares. Le château, lui, est sauvé, restauré et transformé en lieu public.
Aujourd’hui, l’arrêt Karreveld est desservi par le tram et le bus. Vous y descendez peut-être sans imaginer qu’à quelques pas, derrière les arbres, se cachait l’un des hauts lieux du cinéma les plus inattendus de Bruxelles.