Histoire d’attendre : Suzan Daniel
La voix d’un mouvement précurseur
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Suzan Daniel aimait les films. Les livres. Et Bruxelles.
Suzanne De Pues, de son vrai nom, grandit à Bruxelles à une époque où les femmes devaient rester en retrait et se faire discrètes. Mais la discrétion n’est pas dans ses habitudes.
Intelligente, curieuse et obstinée, elle travaille la journée et fait la tournée des cinémas et des bars bruxellois le soir. Elle écrit des critiques de films, elle lit Freud et rêve d’un monde où chacun peut être accepté tel qu’il est.
Dans les cafés et les bars bruxellois, elle découvre un monde qui reste en grande partie caché. À cette époque, l’homosexualité n’est pas interdite en Belgique, mais ne doit surtout pas être affichée. La discrétion est de mise. Mais Suzanne, elle, refuse de se taire.
Après un congrès à Amsterdam, elle revient avec une idée en tête : créer un endroit en Belgique où les personnes LGBT peuvent se rencontrer, s’exprimer et être elles-mêmes. En 1953, elle crée la première association LGBT en Belgique, sous le pseudonyme Suzan Daniel. Personne ne l’avait fait avant elle.
Mais Bruxelles n’est pas encore prête pour ça. En tant que femme, même au sein de sa propre organisation, elle rencontre des difficultés. Lors d’une réunion en 1954, elle claque la porte, furieuse. Et n’y retournera plus.
Toutefois, son histoire ne s’efface pas. Aujourd’hui, un pont et un arrêt de bus portent son nom. Non loin des endroits qu’elle fréquentait autrefois à Bruxelles. Un hommage à une femme en avance sur son temps.